La vengeance d'une blonde

Publié le par Aby

Salut à vous mes ptits clous (revival 80’s quand tu nous tiens)

 

Alors comme Mamzelle Callie notre chef a décidé de lâcher les fauves au sein de l’arène d’INAA, afin d’élargir ou de susciter le débat et que cela a invariablement abouti à l’administration de coups de tatanes bien senti et de privations diverses et variées afin de titiller notre hargne, c’est mon tour, après une énième douche froide et autre humiliation digne d’abou grhaib (non vous n’aurez pas les photos) de foutre les pieds dans le bourbier de l’actu.

 

Donc le but aujourd’hui est de prouver que l’on peut à la fois être blonde et faire tout de même la fierté de sa mère.

 

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Dur challenge me direz vous, ce à quoi je vous répondrai qu’en l’occurrence je ne m’en fais pas trop vu que pour l’essentiel, le boulot reposera sur vos frêles épaules de fashion victimes dopées à la téléréalité.

Voila en effet quelques semaines que revient sur le devant de la scène un sujet qui tient particulièrement à cœur à la graine de suffragette que je suis (et si tu sais pas ce que ça veut dire et bien ma foi, tu ne mérites même pas la pilule que tu avales goulument chaque soir à heure plus ou moins fixe, mais heureusement je suis là pour toi).

 

Alors ce sujet se manifeste de multiple façons, revêt des centaines de visages, mais recouvre une seule et terrible réalité : mesdames, l’heure est grave, méfiez vous, le retour à l’école des arts ménagers vous guette !!!!

 

Bon, ok, vous êtes gentilles, mais un peu braves à ce que je vois et il va me falloir être un chouilla plus explicite si je ne souhaite pas y passer la nuit. En gros, là j’vous cause de notre situation à toutes ; de ce que d’aucuns appelleraient même assez comiquement « nos droits » à nous les femmes… oui, je dis comique, parce que ça me fait toujours autant marrer (jaune) de constater que l’on ait du graver dans le marbre et légiférer pour nous reconnaitre « l’égale » de l’homme, mais bon, là n’est pas le débat (vieux comme Hérode au demeurant) (ndla : vous aurez également remarqué les guillemets autour d’égale, parce que justement c’est bien de ça que je vous cause et de mon scepticisme à ce sujet). Et, histoire de jeter les bases de ma réflexion, je ne résisterai pas à l’envie de vous rafraichir un peu la mémoire.

 

Alors rappelez vous bien, la prochaine fois que vous encaisserez votre chèque de salaire, que vous n’avez le droit de le dépenser en chaussures, sacs à main et autre maquillage que depuis 1907 et la loi permettant à la femme mariée de disposer de son salaire (mais pas de ses autres biens, non mais oh, faut pas déconner, si tu hérites du château familial, il est légitime que ce soit le pécore que l’on t’a fait épouser qui le dépiaute briques par briques pour assouvir sa soif inextinguible de whisky, putes et autres chevaux de courses !)

 

Que ce n’est que depuis 1965 que vous avez le droit de disposer enfin de ces mêmes biens, d’ouvrir un compte en banque, d’exercer une profession sans l'autorisation de votre mari.

 

Depuis 1967 que vous avez le droit de choisir ou non de fonder une famille grâce à cette petite plaquette mensuelle qui a fait bien plus pour notre liberté que la minijupe tant décriée.

 

Depuis 1974 que vous avez le droit de disposer de votre corps (en l’échange de discours extrêmement culpabilisant de certains personnels hospitaliers et religieux bien pensant qui s’imaginent encore que l’on avorte comme on mange des smarties) et j’en passe et des meilleures….

 

Pourquoi ce fastidieux cours de droit me direz vous ?

Simplement pour rappeler à chacune la jeunesse de ces « acquis », mais aussi pour vous inciter à bien élever vos garçons et vos filles, car désormais, c’est entre leur mains que reposent les fruits du combats de nos mères et grand mères.

 

Et à la vue des titres consternants ayant émaillées l’actualité ces derniers temps, je comprends d’autant mieux pourquoi ma mère ne cessait de me dire que le chemin serait encore long.

 

Alors je récapitule un peu pour celles et ceux qui auraient l’actu en horreur et privilégieraient la culture pré-mâchée et pré-digérée à la TF1 :

 

Tout cela a commencé avec les débats sur le port du voile intégral dont l’interdiction serait basée sur l’entrave à la liberté de la femme qu’il constitue .

 

Ensuite, il y a eu, plus récemment, cette histoire de documentaire sur Arté déprogrammée à la dernière minute.

 

Bon, comme j’en vois qui ont des hauts le cœur à la simple mention du nom de cette chaîne, je leur rappellerais que la sortie de secours se trouve au fonds à droite et leur permettra d’accéder directement à la rediffusion de secret story (ben oui, dilemme c’est terminé, je suis désolée).

 

Alors dans « La Cité du mâle », documentaire réalisé par Cathy Sanchez dans le cadre d'une soirée intitulée « Femmes : pourquoi tant de haine ? »,  la journaliste retournait dans la banlieue où, en 2002, Sohane, âgée de 17 ans, a été brûlée vive par son ex-copain qui ne supportait pas d’avoir été rejeté par la jeune fille (ça c’est super viril comme comportement, c’est sur).

 

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Son but était de voir si, depuis, les mentalités avaient évoluées… ce que nous ne saurons jamais étant donné que des menaces de mort ont été proférées à l’encontre des personnes ayant eu le courage de témoigner, obligeant Arté à déprogrammer la diffusion.

 

Alors j’en entends déjà me dire, que ouais, mais bon, c’est la banlieue, pauvreté, mal-être, inculture et j’en passe…

 

Ok, bon, comme j’ai pas envie de gâcher une heure de ma vie à essayer de vous faire comprendre à quel point un tel jugement est non seulement réducteur mais aussi totalement stupide, je vous citerai un autre exemple.

 

Il y a peu également, le magasine de la santé sur France 5 a passé un reportage portant sur les troubles du voisinage. A l’aune de cette nouvelle prise de conscience très politiquement correcte qui veut que l’on se rappelle désormais au moins une fois par an qu’une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon, des internautes ont fait une expérience assez révélatrice.

 

Pour commencer, on voit un homme en train de s’acharner sur sa batterie en plein milieu de la nuit et comme on peut s’y attendre, les voisins promenant leur chien s’empressent de venir protester. Quelques jours plus tard, même maison, même heure, ils diffusent un enregistrement qui ne laisse aucun doute quant au traitement que l’on inflige à une femme qui hurle tout ce qu’elle peut de douleur sous les coups que l’on entend pleuvoir…

 

Et là ? … Et bien rien, les voisins courageux de la dernière fois se dépêchent de faire pisser médor avant de rentrer, illustrant ainsi l’adage populaire qui veut que l’on puisse être courageux sans pour autant être téméraire.

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Pas de bol pour les sentencieux précédents, là, ça se passe dans une banlieue tranquille et bien middle class au States, donc bon, ne leur en déplaise, c’est pas l’apanage de nos HLM de martyriser nos femmes.

 

Mais bon, comme je vous le disais il y a quelques lignes, c’est essentiellement une question d’éducation, car quand on voit qu’un gamin de 23 ans tout juste sorti de la fac, vivant encore chez papa maman est outré de voir qu’une femme de 7 ans son aînée, avec plus de diplômes et d’expérience professionnelle que lui gagne « royalement » 200€ bruts de plus que lui et bien t’as tout compris. (et en plus il a été suffisamment con pour rajouter un truc du genre : non mais bon, comprends mon indignation, tu es une femme quoi….) (genre cette sous espèce tout juste bonne à accoucher et à récurer les chiottes après mon passage pour ceux qui seraient un peu lent à la comprenette).

 

Mais n’allez pas me taxer de féministe de la pire espèce, car comme je vous le disais aussi, nos filles ne sont pas en reste et j’ai toujours en travers de la gorge la réflexion d’un nénette de ma classe de première qui a traité de «trainée » (en terme beaucoup moins châtiés je vous prie de me croire), l’une de nos camarades obligée de se faire avorter après ce qui avait toutes les apparences d’un viol… ben oui, c’est de sa faute bien sur, voyons, elle n’avait qu’à pas montrer ses genoux et ses épaules… et je vous parle de cela à l’aube du 21e siècle, dans un lycée très bien noté.

 

Alors oui, je persiste et je signe, quelque soit notre milieu, quelque soient nos convictions religieuses, notre niveau d’éducation ou notre pays de résidence, il ne faut pas oublier que pour beaucoup c’est encore une souffrance aujourd’hui de naître femme et qu’il appartient à chacun d’entre nous de changer cela, en éduquant nos enfants, en dénonçant l’intolérable et en luttant contre l’obscurantisme qui nous guette.

 

En effet, on ne peut considérer que notre sort est assuré tant que l’on entend encore des voix dire que pour diminuer le chômage, il faut renvoyer la femme dans ses foyers, ou que l’on doit nous interdire de disposer de notre corps comme bon nous semble, car que cela soit dit une bonne fois pour toute : avortement ne rime pas avec partie de plaisir et il n’y a qu’à voir comment certains services en charge de ce type de problèmes maltraitent physiquement ou psychologiquement les femmes qui ont du faire ce choix pour s’en assurer.

 

Mais surtout n’oubliez pas une chose primordiale à ce sujet, comme pour beaucoup d’autres, l’éducation est le meilleur remède à l’intolérance et à la bêtise crasse, alors s’il vous plaît, prenez un peu de temps chaque jour pour discuter avec vos enfants, apprenez leur que ce que l’on voit à la télé, leur nouvelle nourrice, n’est pas la normalité et que l’ouverture d’esprit est la meilleure source de progrès, parce que sinon, on est vraiment mal barré…

 

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Publié dans C'est la vie

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soeurette 17/09/2010 16:46



@Nakito : Les hommes jouent au rugby, les femmes pansent leurs plaies... surtout celles de Dan Carter ...



Nakito 17/09/2010 15:47



Non, la femme n'est pas l'égale de l'homme.


ceci dit, ce n'est aps une raison pour la traiter différemment.



soeurette 17/09/2010 14:31



Il y a toujours des cons partout. mais ya beaucoup de connes aussi.


Ya des femmes intelligentes. Y'a beaucoup de mecs intelligents aussi.


Je suis d'accord avec ce qu'écrit Aby (du reste très bien) et c'est horrible !!! préservons nous, et aussi préservons nos enfants, plus du monde de brute que de l'inégalité homme femme qui
existera toujours tant que les femmes porteront la culotte et que les mecs mettront du rouge à lèvres ;)



Joker 17/09/2010 11:53



Je suis bien d'accord avec la citation de Crevette, mais ne le répétez pas je risquerais de me faire mal voir par la mâle engence.


Ceci dit même s'il faut reconnaitre qu'on vous met des bâtons dans les roues à la première occasion sur le chemin de l'égalité, le premier truc que vous faites, dès qu'un semblant d'égalité
semble apparaitre, c'est de devenir aussi con qu'un mec. Si c'est ça votre idée de l'égalité la citation sus-citée risque de devenir caduque. Si être l'égale d'un mec c'est se mettre en gang,
réagir à "ke d'la gueule" on est mal barré comme tu dis.


Manquerai plus que les femmes se mettent à déclarer des guerres et la boucle sera bouclée!


Ceci dit moi je vous aime les filles.



Callie 17/09/2010 09:09



Totalement d'accord avec Crevette ! Parfois j'ai l'impression que même la Caroline Ingalls était mieux traitée .... J'ose même pas imaginer ce qu'on sera devenue dans 10 ans ....